Fast fashion : un prix salé sur la durée

Dans À l'unif On débat
Valentine Pasque

Photo : Lola Carvajal

Acheter plus d'articles, ou plus durablement ? Ce dilemme oppose la « fast » et la « slow » fashion, deux tendances dont l'antagonsime s'illustre surtout au rayon des tarifs. Retour sur ces deux pôles de consommation vestimentaire.

Après une première émission consacrée à la question du harcèlement dans le milieu académique, « Esprit Ouvert » se penche sur la mode. Ce nouveau débat, présenté par Luna Daine et Fanchon Giltay, confronte des entrepreneurs liégeois aux pratiques commerciales bien différentes.

L’émission accueille Sophie Crahay, à l’initiative du projet de boutique inclusive « Singulières ». Cette échoppe a pour particularité de proposer une collection de vêtements s'étalant de la taille 30 au 64. En face, Marine Savaris, créatrice de la marque de vêtements sur mesure « Vacarme Of The First Floor », siège aux côtés de Marlone Gualda, gérant de la société de vêtement « Gualap » et de son site web.

IMG 5178 De gauche à droite : Marine Savaris, Marlone Gualda, Fanchon Giltay et Luna Daine, présentatrices, et Sophie Crahay

La Fast fashion charme le porte-monnaie

Les dérives de la mode ultra rapide sont connues : surconsommation, pollution excessive, conditions de travail précaires pour les employés. Peu reluisantes, ces constatations ne freinent pourtant pas la machine de la fast fashion. Comment expliquer que des chaînes comme « Primark » ou « Zara » restent des réelles références pour les acheteurs ? Pas de secret : « le prix constitue l'argument de poids de la fast fashion ! Est-ce que les gens sont vraiment prêts payer 30 % plus cher pour une robe ? ».  Marlone Gualda, dont le commerce s'inscrit dans cette tendance, donne le ton. 

Si le calcul semble évident pour le consommateur, il ne se révèle pas forcément comme le meilleur. La créatrice de mode Marine Savaris martèle : « les gens devraient se rendre compte qu'il est moins pertinent d’acheter trois t-shirts pour le même prix qu’un seul qui durera bien plus longtemps ». En clair, si la mode à bas prix peut sembler attirante, sur la durée, celle-ci coûte également de l’argent.

Une mode plus inclusive... mais pas forcément plus durable

Le milieu de la mode ne se résume pas à la slow ou la fast fashion. Certains jeunes entrepreneurs souhaitent plus de diversités et d’inclusivité dans les rayons. Or, si l’on veut offrir des vêtements pour toutes les morphologies, pas de miracle : il faut produire davantage de vêtements. Ce souhait semble incompatible avec l’idéal de la slow fashion. Voilà le dilemme de Sophie Crahay, avec sa boutique « Singulières », qu’elle souhaiterait à la fois éthique et inclusive. Elle avoue humblement  elle-même participer à la fast fashion. « Si l’on propose un panel de tailles réduit, je pense qu’il est possible de rester dans une mode qui se veut raisonnable. Mais à partir du moment où l’on essaye d’inclure un maximum de personnes, on va d’office aller vers une consommation plus importante ». Un défi à relever dans le futur pour l’enseigne liégeoise.

Dans ces conditions, difficile pour les acheteurs d'opérer des choix au sein de l’offre vestimentaire qu’on leur propose. Comme l'industrie de la mode, la conscience des consommateurs n'est pas prête de trouver le repos. 

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