Le quotidien de l'un des derniers quotidiens liégeois
03/03/2026
Récolte d'informations, tuyaux, rédaction, choix éditoriaux et mise en page : plongée dans les coulisses de l'un des derniers journaux liégeois.
Le calme revient lorsque Xavier Ducarme, le rédacteur en chef adjoint de la rédaction papier de La Libre Belgique, pousse la porte de la salle de la réunion des chefs de service. Gilles Toussaint et ses collègues l’attendaient avec leurs lots de sujets et de revendications de pages. La journée sera longue, le chef de service de 53 ans le sait. Depuis 2022, il dirige deux rubriques – "international" et "planète" – et coordonne neuf journalistes. L’actualité ne le quitte jamais, « même lorsque la journée est finie », confie-t-il.
Seuls les cinq chefs de service sont présents à la réunion. Chacun, à tour de rôle, présente les sujets qu’il veut traiter pour le journal du lendemain à Xavier Ducarme, qui dirige la réunion. Aujourd’hui, Gilles Toussaint compte mettre en avant, dans la rubrique internationale, une étude de l’institut allemand Kiel sur le financement occidental de l’aide à l’Ukraine, après le retrait des États-Unis. Au même moment, le chef du service web déplore le fonctionnement de la presse web, qu’il décrit comme « un service secondaire » face à la puissance de la presse papier qu’il considère dépassée, mais qui est la seule à rapporter de l’argent actuellement. Le rédacteur en chef adjoint en arrive à la question du portrait en home page et de l’édito, que l’on reporte à la prochaine réunion du jour, faute d’idée. Pour clôturer, Xavier Ducarme lance le moment le plus féroce de la réunion : les discussions autour du contenu du journal papier. Elles donnent lieu à des débats. Pour obtenir une page ou deux en plus pour sa rubrique, on rentre dans de longues discussions afin de grappiller quelques lignes aux autres.
La journée de Gilles Toussaint ne commence pas réellement à Bruxelles. À six heures, il écoute déjà la radio pour repérer les sujets intéressants susceptibles d’intégrer ses articles du jour. De Ciney à Bruxelles en train, il échange sur WhatsApp avec ses deux équipes sur les sujets chauds de l’actualité et sur ce que pourrait inclure leur revue de presse du jour. Le timing de l’information rend l’exercice difficile, il doit réfléchir à ses sujets quotidiens, mais aussi aux titres qui sortiront à la fin de la semaine ou de l’année.
À la fin de la réunion, Gilles Toussaint discute avec ses deux équipes autour des différents sujets sélectionnés. Le maître-mot de la rédaction : on envoie toujours les articles en priorité au web. « L’information web doit toujours être chaude, personne ne lit un article en ligne qui sort six heures en retard », relate-t-il. Avant toute publication d’article en ligne, chaque journaliste doit d’abord envoyer son papier à son chef de service, pour relecture. Une fois l’aval obtenu, il le fait suivre à la rédaction web et le transfère aux collègues qui éditent la version papier du journal. La mise en page du journal, appelée le « chemin de fer », organise les pages autour de la une, véritable locomotive de l’édition.
À seize heures, débute le moment le plus important de la journée : le choix de la une du lendemain. Chaque chef de rubrique passe un moment seul à seul avec le rédacteur en chef adjoint. Aujourd’hui, Gilles Toussaint expose son papier sur l’étude de l’Institut Kiel. Le rédacteur en chef compose la une à partir de cette discussion, en choisissant les articles les plus importants.
Chaque titre de la page doit différer de ceux du papier. Cela entraîne parfois des frustrations, comme le confirme Olivier le Bussy, qui couvre l’actualité européenne dans le service international : « La rédaction en chef ne comprend pas toujours ce qu’on a voulu dire à travers notre article, ça mène souvent à de longues discussions pour savoir ce qu’on va choisir comme titre pour la une, pour qu’il soit à la fois vendeur, et dans la même ligne d’idée de ce que nous voulons transmettre à travers nos papiers. »
La journée se poursuit sur le même rythme. Le chef de service relit tous les papiers de son équipe en s’assurant que le chemin de fer ne déraille pas. Ce n’est qu’à vingt et une heure, lorsque les dernières pages sont envoyées à l’imprimerie, que la rédaction peut enfin souffler. Pour Gilles Toussaint, la journée se termine, mais pour le journal papier, elle ne fait que commencer.
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