Sport et études, la double casquette de Julia Grégoire
19/12/2024
Plusieurs fois championne de VTT de Belgique, Julia Grégoire jongle entre carrière sportive et études de kiné. Cet équilibre déliquat recèle une complémentarité ingénieuse.
L e 12 octobre, une nouvelle présidente a été élue à la tête de la Ligue belge francophone d’athlétisme (LBFA). Plusieurs athlètes n’ont pas caché leur mécontentement. Ils estiment ne pas recevoir le soutien nécessaire pour franchir le cap du haut niveau. Ces sportifs sont convaincus que les choses ne vont pas évoluer avec la nouvelle présidente. Le Flémallois Yanni Sampson, 20 ans, champion de Belgique en titre du saut en longueur, revient sur les aides qui lui sont accordées par la Ligue. Des aides que le pensionnaire du Royal football club de Liège athlétisme estime trop peu présentes…
La nouvelle présidente de la LBFA, Jessica Mayon, a affirmé sur le plateau de TV Lux : « Je veux aider les espoirs sportifs. » Pensez-vous que les choses vont évoluer en votre faveur ?
Absolument pas ! Elle n’aura pas de temps à consacrer aux athlètes au vu de son engagement politique [en tant que membre (MR) du Conseil communal de Bastogne, du Conseil provincial (Luxembourg), et comme conseillère au sein du cabinet de la ministre francophone de l’Enseignement Valérie Glatigny, NDLR] (*). Elle parle d’aider le haut niveau mais ne dit pas comment. Contrairement à Jacques Borlée, l’ancien entraîneur des Belgian Tornados, autre candidat à la présidence de la Ligue. Les athlètes de haut niveau voulaient l’élection de M. Borlée. Il désirait, par exemple, abaisser les minimas belges pour permettre aux jeunes athlètes d'obtenir des sélections dans les grands championnats. Il y a deux axes dans l’athlétisme : « l’athlé pour tous » et « sport de haut niveau ». Les clubs s'ancrent dans « l’athlé pour tous ». Et ce sont eux qui élisent le président de la Ligue…
Quelles aides recevez-vous de la LBFA ?
Je dispose du statut «Espoir Sportif» (ES) de l’ADEPS. J’ai droit à un budget de 1.000 (**) euros par an pour des déplacements, des stages ou des compétitions à l’étranger. Après l’utilisation de 750 euros, j’ai soi-disant épuisé le budget (***). Je suis censé avoir des rendez-vous médicaux plus facilement, et j’insiste sur le mot « censé ». En théorie, un référent sportif de la LBFA m’accompagne mais en pratique je dois me débrouiller de mon côté. Pour résumer, je ne reçois pas beaucoup d’aide de la Ligue.
Qu’avez-vous mis en place pour combler le manque d’aide ?
J’ai depuis l’année dernière un manager : Jens Laporte. Il me permet de participer à des compétitions internationales. J’ai aussi deux sponsors et mon club m’accorde un soutien financier. Deux coachs m’encadrent, Raphaël Mazy, mon entraineur principal, et François Gourmet pour une séance de sprint par semaine. Tout le monde m’épaule, sauf la LBFA. Malheureusement, tant que le système de vote ne change pas, la LBFA restera la Ligue belge francophone de... l’amateurisme.
(*) Les mandats politiques de Mme Mayon ont été précisés (m.à j. 26/12).
(**) Et non pas 1.500 euros comme initialement rapporté (m.à j. 24/12).
(***) Cette assertion est contestée dans la réaction ci-dessous (m.à j. 24/12).
Mise en cause dans cette interview, la nouvelle présidente de la LBFA, Jessica Mayon, a tenu à réagir :
«C’ est avec beaucoup d’étonnement que j’ai pris connaissance de l’article publié sur votre plateforme, et qui m’a été envoyé par un membre du Comité Directeur de la LBFA, assez choqué par son contenu.
L’athlète déclare: "Elle n’aura pas de temps à consacrer aux athlètes, au vu de son engagement politique de conseillère provinciale MR." Si Monsieur Sampson avait essayé de prendre contact avec moi et n’avait pas obtenu réponse, j’aurais peut-être pu comprendre. Ce n’est pas le cas. En endossant la fonction, j’avais pleinement conscience de son côté chronophage. L’organisation de ma vie privée en fonction de mes responsabilités ne regarde que moi.
Mon engagement politique démontre mon envie de m’investir pour faire bouger les choses plutôt que d’attendre que d’autres le fassent à ma place. J’entends aussi régulièrement des critiques sur le fait que j’ai un emploi, en plus de la fonction de Présidente. Monsieur Sampson déclare d’ailleurs que la LBFA est la Ligue de l’Amateurisme. Si je m’en réfère à la définition du mot "amateur", je ne peux pas lui donner tort: la Présidence de la LBFA n’est pas une fonction rémunérée. Travailler est nécessaire pour que je puisse me loger, me nourrir… Ce qui est frustrant, c’est de n’avoir jamais entendu une critique sur le fait que mon prédécesseur avait également un emploi. L’accepte-t-on plus facilement pour un homme que pour une femme?
Ce dimanche 22 décembre, tous les athlètes bénéficiant d’un statut ont été invités, ainsi que leur entraineur, à rencontrer l’équipe de la LBFA et à échanger avec le Comité Directeur, ainsi qu’avec la future Directrice Technique, qui prendra ses fonctions courant janvier, ainsi que les membres de l’équipe de la Direction Technique. Monsieur Sampson y était invité, et était d’ailleurs présent et nous avons pu dialoguer de manière constructive. Pour votre parfaite information, il m’a été signalé qu’une telle rencontre n’avait jamais été organisée avant mon arrivée à la tête de la Fédération.
Lors de cette rencontre, diverses pistes de soutien ont été exposées. Certaines d’entre elles étaient d’ailleurs expliquées dans la présentation de ma candidature à la Présidence qui a été diffusée à l’ensemble des clubs de la LBFA, d’autres ont été listées depuis ma prise de fonction en collaboration avec l’équipe qui constitue le Comité Directeur. Ce soutien peut être une bourse, un renforcement de l’encadrement de l’athlète, l’organisation de synergies avec d’autres fédérations sportives, l’accompagnement dans certaines démarches… Les axes de travail sont nombreux, et seront développés en coordination avec la Direction Technique.
Monsieur Sampson bénéficie d’ailleurs d’un soutien actuellement. En 2024, son statut d’Espoir Sportif reprenait notamment une bourse de 1.000 euros (et non 1.500 euros comme mentionné dans l’article). Après vérification, il a bien bénéficié d’un remboursement de ses frais à hauteur de l’entièreté de la bourse octroyée. Il a également accès pendant la période hivernale à la piste indoor de Louvain-La-Neuve, qui est une infrastructure sportive dotée de plusieurs équipements de pointe, et d’une salle de musculation de haut niveau, ou au Centre d’Aide à la Performance Sportive (le CAPS), où les sportifs peuvent être évalués sur le plan physiologique, musculaire, nutritionnel, biomécanique et psychologique.
19/12/2024
Plusieurs fois championne de VTT de Belgique, Julia Grégoire jongle entre carrière sportive et études de kiné. Cet équilibre déliquat recèle une complémentarité ingénieuse.
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