Sport et études, la double casquette de Julia Grégoire


Dans En forme
Clara Laurette

À l’aise sur les bancs des auditoires comme sur la selle de son vélo, Julia Grégoire mène de front une carrière sportive de haut niveau et des études universitaires. Pourtant, entre les compétitions à gagner, les entraînements à enchaîner et les manuels à ingurgiter, les choix ne se révèlent pas toujours aisés.

Photo Julia Laurent Grenier

© Laurent Grenier

 

Vététiste depuis son plus jeune âge, la jeune Barvautoise performe aujourd’hui dans l’équipe BH Wallonie, tout en étudiant la kinésithérapie à l’Université de Liège. Elle possède le statut « d’étudiante-sportive ». Les sentiers rocailleux des Ardennes n’ont plus de secret pour elle, comme en attestent ses nombreuses médailles d’or en tant que «Championne de Belgique de VTT». Après un court passage dans la filiale féminine de l’équipe de Remco Evenepoel (cyclisme sur route), elle se consacre aujourd’hui entièrement au VTT.

 

 

À l’avenir, souhaitez-vous combiner vos compétences en kinésithérapie avec le cyclisme ?

Oui, bien sûr ! Actuellement, je peux déjà appliquer à mes entraînements tout ce que j’ai appris en anatomie. Je souhaiterais devenir kinésithérapeute et continuer à pratiquer le vélo pour me maintenir en forme. Je ne peux pas envisager l’un sans l’autre : ils forment un équilibre de vie.

Pensez-vous que certaines études supérieures se révèlent particulièrement compatibles avec la pratique d’un sport de haut niveau ?

D’après moi, il y en a surtout qui sont inadaptées : les études d’éducation physique. Même si un grand nombre de jeunes sportifs choisissent cette voie, j’en connais beaucoup qui peinent à en voir le bout. La charge sportive imposée par les cours, additionnée aux exercices personnels, mène souvent au surmenage. En kiné, j’ai davantage de libertés : je peux organiser mes entraînements comme j’en ai envie, sans m’épuiser.

Grâce à vos compétitions sportives, vous avez appris à gérer votre stress sur un VTT. Est-ce comparable à celui éprouvé à l’université ?

En tant que cycliste, on est confronté à une pression considérable au cours d’une saison. J’ai l’impression que ça me donne un avantage pour mes études puisque je gère assez facilement les imprévus. Je dirais que c’est principalement la rigueur de mes entraînements qui m’a donné confiance en moi. La pratique de mon sport représente une bonne préparation mentale. L’université fournit aussi des services pour accompagner les étudiants-sportifs et réduire leur stress. Selon moi, s’entourer de professionnels s’avère primordial lorsque l’on débute des études supérieures.

Craignez-vous davantage l’échec dans vos études ou en VTT ?

J'hésite, mais je dirais dans mes études. Je me mets un peu plus de pression pour les cours, surtout depuis que j’ai revu mes objectifs sportifs à la baisse. Disons qu’ils paraissent davantage atteignables aujourd’hui : je me concentre uniquement sur le VTT depuis plusieurs mois pour pouvoir achever mes études et rentrer dans la vie active. D’ailleurs, je n’ai plus pour objectif de devenir professionnelle. Par le passé, j’ai parfois dû sacrifier des relations sociales ou des expériences scolaires. À présent, je voudrais donner de l’importance à la réussite de mes études et continuer à m’épanouir en VTT, ce que je considère comme un challenge quotidien.

Publié le

Partager cet article

cookieImage