La censure, ça peut être un mec qui te téléphone et qui te dit de ne pas publier un papier mais, en général, c’est plus insidieux. Dans la majorité des cas, c’est de l’auto-censure du journaliste qui doit pouvoir crouter [sic]. J’ai toujours refusé ça, je ne me suis jamais auto-censuré, je n’aurais pas pu. Récemment, on a eu droit à un exemple caricatural chez Hanouna, quand celui-ci dit à Louis Boyard « ne mords pas la main qui te nourrit »...Bah si !
La précarité des journalistes ne rend-elle pas inévitable l’auto-censure ?
L’économie du journalisme fait qu’il faut un sacré courage pour être et rester journaliste. Sinon, tu deviens un gratte-papier, tu pisses de la copie à la demande. « Reworld » paye les journalistes au mot. On voit aussi apparaitre du journalisme fait par des intelligences artificielles. Les gens se nourrissent d’une bouillie médiatique. Il y a de moins en moins d’infos originales parce qu’il est très difficile pour un journaliste de résister à la force des lobbys et des influenceurs de chaque domaine, d’où l’importance des médias indépendants.
Que devrait-être un journaliste ?
Il doit être curieux, pugnace, avoir du recul par rapport aux informations qu’il traite, donner la parole aux personnes qu’il met en cause. Il n’est pas là pour sortir des scoops, mais pour comprendre. Quand on lui ment, il écrit. C’est un travail difficile quand on pense à remplir son frigo, d’où l’importance de créer des groupes financiers qui soient stables et qui permettent au journaliste de travailler.